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Aider les familles pour aider les enfants

 

 

Les familles sont le plus souvent très désireuses d’envoyer leurs enfant à l’école, les filles comme les garçons. Mais elles ne peuvent pas toujours se passer du revenu que ceux-ci leur procurent quand ils travaillent, aussi faiblement payés soient-ils.

Depuis 1990, la Boys Town Society a donc mis en place un programme de lutte contre le  travail des enfants (« Child Labour Prevention Scheme », CLP) qui repose sur un soutien financier de leurs familles. Le programme est opérationnel dans 25 villages des environs de Madurai et a été étendu au bidonville de celle-ci, le Melasaval slum, à titre expérimental.

Une cinquantaine d’enfants, choisis en raison de leur pauvreté et aussi de leurs capacités intellectuelles, en bénéficient par village et pour une durée de cinq ans. Ils continuent à vivre chez eux, mais leurs parents s’engagent à les scolariser et renoncent à les astreindre à un travail rémunérateur. En échange, BST leur verse une petite allocation mensuelle (pour frais d’équipement scolaire)  et surtout leur offre deux veaux en cours de programme.

Si la vache est sacrée en Inde, elle est surtout précieuse. Deux veaux, c’est un premier pas hors de la misère pour des paysans pauvres. A tel point que certaines familles choisissent d’apporter une contribution financière à l'association afin de recevoir une bête plus âgée et susceptible de donner plus vite du lait. La vente de celui-ci – ramassé chaque jour par une coopérative – leur assurera un revenu faible, mais somme toute comparable à celui que rapportait l’enfant. À l’issue des cinq ans, ces familles seront gagnantes : leur enfant sera instruit et elles se seront constitué un début de cheptel, surtout si leurs vaches ont été prolifiques.

BTS ne disposant que d'un seul village de filles pour sept de garçons, n’a que peu de places d’hébergement à offrir aux adolescentes. Par compensation, le programme de soutien familial bénéficie presque exclusivement aux filles qui peuvent ainsi poursuivre leurs études tout en restant domiciliées chez leurs parents.

Les parrains des enfants engagés dans le programme de lutte contre le travail des enfants par le soutien de leurs familles, reçoivent régulièrement des nouvelles de leurs filleul(es) et de leurs communautés. Ces compte-rendus sont rédigés par des bénévoles britanniques, membres de la Joe Homan Charity, JHC, l’association sœur de BTS. Je me suis jointe à eux en ce début d’année 2007.

Accompagnée par un interprète, je me suis donc rendue dans quatre villages et j’ai également visité le bidonville de Madurai. A chaque fois, nous avons rencontré les enfants bénéficiant du programme, leurs parents et les chefs d’établissement.

La vie est de plus en plus difficile dans les campagnes. Devenus adultes, la plupart des enfants vivront sans doute en ville. Il faut donc qu'ils apprennent un métier.

Précocement vieillies, desséchées par le soleil, leurs mères le disent : « Les terres que nous cultivons ne nous appartiennent pas. Nous ne possédons rien. Pour échapper à la misère, nos enfants - nos filles - doivent aller à l'école, le plus longtemps possible !"

Une page est en train de se tourner. La plupart de ces femmes sont analphabètes et se sont mariées précocément. Grâce au programme de soutien familial, leurs filles – de belles adolescentes – sont encore scolarisées. Elles auront la possibilité d’acquérir une formation professionnelle.

Angalaskshmi, une femme d’une quarantaine d’années, exprime sa fierté : « Ma dernière fille, dit-elle, a 17 ans. Elle est en terminale et en tête de classe. C’est la première femme de notre famille à poursuivre des études. Moi, je ne sais pas lire. Je ne peux même pas signer mon nom, j’ai besoin d’un tampon encreur ». Le visage d’Angalaskshmi est illuminé d’émotion : « Je ferai tout, poursuit-elle, pour que Nagalaskhmi ait un métier".

La jeune fille prend la parole à son tour. Elle espère, dit-elle, entamer des études universitaires de mathématiques dès l'année prochaine. Sans le programme, elle travaillerait pour gagner sa vie depuis plusieurs années. Cela a été dur mais elle a réussi !

Bien entendu, toutes les compagnes de Nagalakshmi ne sont pas aussi brillantes. Toutes auront cependant vécu une adolescence « normale », avec les soucis et les plaisirs ordinaires de collégiennes puis de lycéennes. Quels que soient leurs résultats scolaires et leur éventuel avenir professionnel, elles seront mieux à même d’aider leurs propres enfants.

Environ 470 jeunes filles sont aujourd’hui prises en charge par un programme CLP. Celui-ci est cependant en cours d’abandon progressif pour tenir compte de l’effort entrepris par le gouvernement indien contre le travail des enfants. Un nouveau programme, non encore finalisé, visera toujours à aider les familles, mais aussi les écoles, pour le bénéfice de tous leurs élèves.

Il va de soi que les enfants actuellement engagés dans le programme seront suivis normalement jusqu’à terme.

 

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