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Les enfants du bidonville aussi

 

Depuis trois ans, la Boys Town Society, BTS, expérimente au sein du bidonville de Madurai son programme de lutte contre le travail des enfants. Pourquoi le « Child Labour Prevention Scheme », CLP, qui a si bien réussi à la campagne, ne pourrait-il pas, en effet, être appliqué en ville avec le même succès ?

Situé à quelques centaines de mètres de la gare centrale, le Melasaval slum est sordide. 15.000 personnes s’y entassent sur 10 hectares dans des blocs de béton délabré et une pièce par famille ou dans de petites maisons basses faites de matériaux de récupération. Il y a pas d’assainissement, chacun s’approvisionne en eau potable aux réservoirs publics.

Les adultes sont généralement balayeurs ou égoutiers… des métiers méprisés qui ne leur apportent aucune perspective, ni satisfaction. Ils sont si pauvres qu’ils ont accès à des magasins d’Etat où acheter du riz, de l’huile, du kérosène (pour les lampes) à prix subventionnés.

Cinquante familles, parmi les plus misérables, ont été sélectionnées avec l’aide des habitants eux-mêmes. BTS ne leur offre naturellement pas de veaux comme à la campagne mais les aide financièrement à lancer une « micro-entreprise », comme par exemple une petite boutique, un commerce de bois à brûler, un service de collecte de vêtements usagés... En contrepartie, leurs enfants vont à l’école.

Ces enfants nous les avons rencontrés. Ce jour là, ils étaient 14 garçons et filles, tous élèves de 5ème. Ils ne portaient pas l’uniforme, mais s’étaient manifestement mis sur leur « trente et un » pour aller en classe. Particulièrement éveillés, ils disaient bruyamment  leur bonheur d’avoir été choisis.  Sans le programme, ils travailleraient déjà comme vendeurs dans la rue ou dans une boutique ou encore chez un grossiste… Ils sont d'ailleurs bien conscients que leurs amis les envient.

Que font-ils quand ils ont du temps libre ? Et bien, ils jouent entre eux, discutent, se rendent visite… Ils vivent, de ce point de vue, une enfance normale. Ce n’est pas le moindre succès du programme.

Leurs aînés poursuivent leurs études dans un autre établissement (4ème à terminale). Pandiammal et Tamilasari, deux jeunes filles, nous ont invités chez elles. La maison en planches dans laquelle elles nous font pénétrer ne comporte qu’une seule pièce séparée de l’abri de la vache  par une cloison en bois. Bien tenue, elle manque pourtant de tout confort et intimité. Comment  les jeunes filles ne rêveraient-elles pas d’une autre vie ?

Au premier coup d’œil pourtant, à la netteté de leur tenue et à leur évidente confiance en soi, on voit qu’elles vont bien. Elles sont en troisième et rêvent de devenir fonctionnaires ou plus précisément enseignantes. Un métier d'avenir en Inde. Leurs familles placent beaucoup d’espoir en elles.

Elles ne sont pas les seules à s'être transformées en reprenant leurs études. Les mères du quartier disent avoir vu leurs enfants progresser depuis trois ans et le début du programme. Non seulement ils sont heureux d’aller à l’école mais ils sont également fiers des petites entreprises lancées par leurs parents. Du coup, l’ambiance en famille est meilleure. L’espoir renaît.

Les mères elles mêmes  se sont organisées en groupes de solidarité (« self support groups »). Moyennant une petite cotisation mensuelle, chacune a ainsi droit à un prêt à taux zéro en cas de coup dur. Cette auto-assurance les met à l’abri des usuriers qui pressurent le quartier.

L’objectif du programme est aussi de rendre ces familles moins vulnérables. Le jour de notre visite, les habitants craignaient que certaines de leurs maisons ne soient démolies pour permettre la construction d’un pont. Aucun dédommagement ne leur serait a priori proposé. Elles réclamaient le soutien de la Boys Town Society.

A court terme et face à cette menace précise, l’action de BTS sera peut-être limitée. Mais en permettant aux enfants d’aller à l’école, d’apprendre un métier, l’association parie sur l’avenir, donne une chance à la nouvelle génération d’échapper, grâce à l'instruction, à la précarité.

 

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