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Ce roman russe datant de 1993 a été traduit en anglais en 2013 et se trouve donc désormais accessible à un public plus large. Il s’inscrit dans la tradition des nombreux romans qui visent à combler le trou béant qui sépare Les trois mousquetaires et Vingt ans après.

Three muketeers again commence en fait immédiatement à la fin du premier roman de Dumas. Une préface de l’auteur russe explique qu’il s’agit d’un manuscrit écrit par Dumas lui-même et laissé chez l’un des ancêtres de Nikolay Kharin pendant le voyage en Russie de l’écrivain français (voir l’article de Gennady Ulman Les aventures des mousquetaires en Europe de l’Est).

Le début du roman voit donc les quatre mousquetaires revenir au siège de La Rochelle qui s’éternise. Pour hâter la reddition de la ville, Richelieu charge d’Artagnan d’une mission périlleuse: entrer dans La Rochelle en se faisant passer pour un protestant français arrivant de Londres, afin d’annoncer aux Rochelais la nouvelle de la mort de Buckingham. De quoi les convaincre qu’aucun secours ne viendra d’Angleterre et qu’il n’y a plus qu’à se rendre. Véridique, la nouvelle ne sera crue par les Rochelais que si elle est apportée par un coreligionnaire.

D’Artagnan s’exécute, entre dans la ville, tombe amoureux de Camille, la nièce de Guiton, le chef de La Rochelle, est reconnu, condamné à mort, sauvé par la demoiselle… Incidemment, le bateau sur lequel le mousquetaire était arrivé dans le port accompagné de Planchet et Grimaud comme escorte, repart sans lui mais avec les deux valets. Suites à diverses péripéties, ces derniers se retrouvent… au Nouveau monde où ils connaîtront maintes aventures en compagnie de pirates. Un récit assez cocasse qui s’insère plus loin dans le roman, quand les deux hommes reviennent en France.

Le siège de La Rochelle enfin terminé, d’Artagnan poursuit ses aventures. Parti sur les traces de Camille, il se trouve mêlé accidentellement aux intrigues des jésuites et d’Aramis. Les péripéties abondent: duel avec Rochefort, nouvelle rencontre avec Kitty, l’ancienne servante de Milady passée au service de la duchesse de Chevreuse, et toujours amoureuse du mousquetaire, tentative d’assassinat… Pongé dans les combats contre les Espagnols dans le sud-est de la France, d’Artagnan y retrouve Planchet et Grimaud revenus de leur odyssée. Toujours à la poursuite de Camille, le mousquetaire se rend dans le Massif central où il trouve la peste mais pas la belle. Le roman se termine avec l’évocation de complots impliquant le duc de Rohan, la duchesse de Chevreuse, les jésuites et Aramis. Le récit demeure inachevé. De fait, le roman a une suite, D’Artagnan à la Bastille, pas encore traduite en anglais.

De très bonne facture, Three musketeers again est une excellente suite au roman de Dumas. Le plus frappant est la fidélité du livre à son modèle. Kharin «colle» à Dumas autant qu’il le peut et avec succès tant pour l’intrigue que pour le style. Le résultat est un gros roman qui se lit avec plaisir. Le revers de la médaille, c’est l’absence de véritable originalité ou invention.

Extrait du chapitre XX Porthos leaves

A venir

 


 

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