*bandeau*

*chapeau*

 

 

 

Ce court roman donne un aperçu des nouvelles formes d’édition liées au développement d’Internet. L’auteur a publié un chapitre à la fois en autoédition sur Amazon, à 99 cents chacun, entre 2015 et 2018. Le roman s’est ainsi construit progressivement. Précision : le premier chapitre a été publié initialement sous le pseudonyme de Delilah Dove, avant que l’auteur décide d’utiliser son vrai nom, Lucy Blue.

Le premier chapitre, The King’s tutor, est centré sur une jeune fille, Catriona, dont le père avait été mousquetaire. A la mort de celui-ci, Cat, adolescente, a été envoyée à la Cour pour devenir maîtresse de Louis XIV. Quand le Roi s’en est lassé, il l’a renvoyée et, abandonnée de tous, elle est devenue prostituée.

L’histoire se situe à l’époque du roman Le vicomte de Bragelonne quand Aramis et Porthos, accompagnés ici par Athos, complotent pour remplacer Louis XIV par son frère jumeau, Philippe, l’homme au masque de fer.

Ils hébergent Philippe dans une maison de campagne où ils lui enseignent tout ce dont il aura besoin pour se faire passer pour son frère, de la politique au maniement des armes. Il y a un seul domaine où ils ne peuvent apprendre à Philippe à se comporter comme son frère jumeau : sa façon de faire l’amour (sic). D’où le recrutement de Cat, chargée d’initier le jeune homme.

Très réticente envers une mission aussi ahurissante, la jeune femme accepte à contrecœur. Mais quelques pages érotiques plus tard, elle tombe follement amoureuse de Philippe qui est aussi doux et touchant que son frère est brutal et arrogant.

Comme on peut l’imaginer au vu du résumé, ce premier volet est plutôt consternant. Mais curieusement, le récit s’améliore avec les deux chapitres suivants. Le personnage de Cat prend de l’épaisseur quand elle entreprend de convaincre Philippe de se comporter en souverain dans ses affaires sentimentales et qu’elle lui raconte, dans ce but, comment elle a été traitée par son frère jumeau. Naïf et inexpérimenté, Philippe est évidemment amoureux fou d’elle, au risque de mettre en danger le projet de substitution sur le trône de France. Les choses se compliquent quand Louis XIV impose à la jeune femme, qu’il avait répudiée, de revenir à la Cour.

Dans le quatrième et dernier chapitre, Cat se retrouve donc auprès de Louis XIV qui veut en faire de nouveau sa favorite. Le roi donne un grand bal masqué et les conjurés en profitent pour remplacer Louis par son jumeau Philippe. Tout se passe à merveille : ce dernier imite son frère de façon tellement parfaite qu’il trompe tout le monde, et en particulier d’Artagnan, chef des gardes, le seul des quatre mousquetaires à ne pas faire partie de la conjuration. Jusqu’à ce qu’une femme de la Cour dont la fille s’est suicidée après avoir été la maîtresse de Louis, interpelle le roi. Au lieu de la faire arrêter immédiatement comme l’aurait fait le « méchant » Louis, Philippe réagit avec bonté et compréhension : d’Artagnan comprend aussitôt la substitution.

A partir de là les événements se précipitent, d’autant plus confus qu’expédiés en quelques pages : d’Artagnan libère Louis et le remet à sa place de roi, les autres mousquetaires défendent Philippe, d’Artagnan choisit finalement de ne pas obéir à Louis. On apprend dans les toutes dernières pages que d’Artagnan a été tué, apparemment par Louis, qu’on a fait disparaître ce dernier, vraisemblablement sous le masque de fer, que Philippe sera donc désormais le roi de France… et que le vrai père des deux jumeaux n’était autre que d’Artagnan !

Si ce très bref roman – ou longue nouvelle – avait pu donner le sentiment de s’améliorer entre le chapitre un et les deux suivants, le dernier chapitre, rocambolesque et confus, ne confirme pas cette évolution. Bien écrit, l’ensemble demeure peu convaincant. Il est à noter que le contenu érotique, très présent dans le premier chapitre, diminue progressivement jusqu’à disparaître complètement dans le dernier.

 

Extrait du chapitre 1 The King’s tutor

“Phillipe is absolutely identical to Louis,” Aramis said. “If he can learn his brother’s habits and mannerisms—“

“You mean if I can teach him how to fuck like Louis, you can make him king.”

“Yes.” Athos had not spoken before. Now he stood up. “I have taught him what I can of swordplay. Aramis has schooled him in politics and the intrigues of the court.”

“And Porthos has found you a whore.” She glared at Porthos until he looked away.

Aramis had no such shame. “Then you will not help us?”

“Why should I?” She hadn’t known she could still feel such fury. “Even if this scheme of yours to replace the wretched little demon of a king with this pitiful imposter you describe could succeed, what is it to me? Why should I have any wish to help you?”

“Phillipe is not pitiful,” Athos said, showing fury of his own. “He is a good, strong, noble man. He is of royal blood. He is the rightful king.”

“Even so,” she said. “What is that to me? My father was a musketeer. He fought beside you, shed his blood with you in battle. All for one and one for all — is that not your phrase? What a load of shit! Where were you when my mother was so desperate she spent her last crumbs to deck me out like some painted doll, a child of fifteen, and send me to the old king’s court to catch a husband? Where was your counsel, your protection, when the young king made me his whore?” All of them looked ashamed now, even the old spider Aramis. But their shame only made her more furious. “Which of you stood to shield me and defend my honor when he tired of me and tossed me from his bed?”

“Your parents never told us their situation,” Athos said. “When you went to court, we assumed it was your choice.”

“And when I went to Louis’ bed, you thought I chose that, too.” Her father had been proud, she knew. He never would have allowed her mother to go to his friends for help. But she didn’t care. “You thought I cared nothing for my virtue, only jewels. You thought I was a whore before he made me.” Athos looked away. “And now that you have need of a quim that fits the royal cock for your toy king to practice on, you have the great whoremonger Porthos send to Paris for me. So I ask you again.” She turned her gaze on Aramis, the master of their foolhardy design. “Why should I help you?”

 


 

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