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Templemar

par Christiane Blanc

Chapitre 1

1615

 

La blessure de son dernier duel était juste cicatrisée mais cela n’empêchait pas le cavalier de tenir fermement les rênes. Pressé de parvenir au plus vite à destination, il galopait dans la demie clarté qui montait du levant.

Il venait de traverser Wattignies.

Le couvent des bénédictines de Templemar sortait juste du sommeil tandis que  les chants de matines s’étiolaient en mourant d’un soupir dans les couloirs du cloître.

Comme l’imposaient les règles de vie des pensionnaires, les jeunes filles devaient rejoindre leur chambre après matines. L’une d’elles, pressée de quelque mystérieuse urgence, avait presque couru pour retourner dans la sienne. La pièce blanchie, impeccablement tenue, passait lentement d’une demi pénombre à la clarté. Le jour s’accrochait déjà sur les pierres, rebondissant dans les anfractuosités, courant le long du sol. Sur une petite table de bois aux flaques de cire fauve, un fouillis de pages exhibait les sillons d’une écriture sépia aux formes rondes. Encore enfantines, les lettres commençaient pourtant à affirmer des courbes sûres qui donnaient à l’ensemble une impression de maturité inachevée, d’envol retenu.

Le jour était encore trop faible pour avoir la force de chasser toutes les zones d’ombre de la petite chambre. Aussi la jeune fille sacrifiait-elle un morceau de bougie pour ajouter de la clarté à la lumière qui tombait de la fenêtre.

Un peu grande pour ses treize ans, elle en paraissait plus mais les dernières courbes de l’enfance transparaissaient encore sous l’ébauche d’un corps de femme.

Le cavalier venait de pénétrer dans la cour du couvent.

Comme chaque jour, cette  heure de silence et de recueillement précédait les travaux. La jeune fille, cependant, mettait à profit ce moment pour une toute autre activité. Le nez en l’air, le bout de sa plume dans l’oreille, elle laissait courir ses pensées en regardant par la fenêtre. Soudain, un sourire inspiré traversa son visage fin et elle se remit à écrire. Elle apporta quelques corrections, et relisait son œuvre quand trois coups à sa porte la tirèrent de  cette tranquillité. Sans attendre de réponse, une jeune fille brune aux yeux verts entra en courant dans la chambre.

- Charlotte, dit-elle essoufflée, mère Béatrice m’envoie vous chercher pour…

Elle n’acheva pas sa phrase. Spontanée comme à son habitude, elle s’écria d’un ton admiratif:

- Oh! Vous avez composé un nouveau poème? Faites-moi la grâce de le lire!

La jeune fille blonde qu’on venait d’appeler Charlotte s’était levée, prête à déclamer son œuvre. Tout aussi spontanée que son amie, elle avait bondi sur ses pieds, le sourire aux lèvres. Romantiques, rêveuses, les deux jeunes personnes se confiaient l’une à l’autre.

- Je viens de terminer un compliment, Claudette. Je le destine à l’homme que j’aimerai!!!

Mon amie, le ciel vous a vêtue du don de poésie. Si je savais composer, j’écrirais… ah! tant de choses, soupira-t-elle.

Charlotte pointa un doigt sur ses lèvres pour demander le silence. Elle avait esquissé quelques pas avec une grâce de papillon et commença à réciter  son poème à voix haute.

- « Dans le doux lac de vos yeux clairs,
Mon cœur à vous toujours, vous plaire
N’aura de cesse… »

Il n’en fallut pas plus. Les deux jeunes filles se mirent à bavarder, complices,  de l’homme qui occupe les rêves de toute jeune fille, à leur âge: le  très respectable mari qu’elles espéraient épouser. Cet  extraordinaire prince des mille et une nuits emmena leur imagination de baisemains en bouquets de fleurs, de compliments en déclarations, de toilettes en attelages, le tout assaisonné de pouffants petits rires. Ce fabuleux personnage venait juste de les conduire de châteaux en châteaux quand Charlotte s’interrompit brusquement:

- Mon amie… mère Béatrice ne voulait-elle pas me voir?

- Oh pardon! répondit cette dernière, navrée, une  main sur la bouche. Où avais-je la tête! Je devais vous annoncer l’arrivée de Monsieur votre frère, le chevalier de Backson, qui…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Charlotte avait bondi hors de la chambre et se précipitait dans le couloir.

- Mademoiselle Backson, ne cou…!

La jeune fille n’eut cure d’écouter l’abbesse qui, impatientée par l’attente, venait à leur rencontre. C’était peine perdue, la prieure le savait.

Mademoiselle Charlotte  coupa par  le jardin du cloître en criant rapidement:

- Pardonnez-moi ma mère, monsieur mon frère m’attend!

L’abbesse regarda en souriant la jeune fille atteindre le bout du couloir, ses cheveux blonds flottants sur ses épaules. Ils étaient si fins que, désespérée de les tenir serrés sous le fichu des pensionnaires, elle lui  avait permis de les porter simplement retenus par des barrettes en bois. Charlotte était la seule à être dispensée du fichu de rigueur et ce petit privilège occasionnait souvent des plaisanteries teintées de jalousie.

- Cette jeune fille a du vent dans les pieds! murmura l’abbesse d’un air amusé.

Elle s’avouait une préférence pour cette pensionnaire. Elle avait toujours ri sous cape de ses espiègleries.

Et quelles espiègleries!!!

La dernière remontait à environ deux ans.

Sœur Marie-Bénédicte, qui faisait office d’intendante et de sœur tourière, avait signalé à la prieure, dans un affolement indigné,  la disparition d’un fromage entier au réfectoire. Elles en avaient conclu à une erreur de calcul.

- Vous vous serez trompée sœur Marie-Bénédicte, pour une fois, admettez-le, ce n’est pas si grave! avait insisté la prieure.

C’était sans compter sur les manœuvres d’un dénommé hasard qui permit que cette innocente mélasse soit retrouvée une semaine plus tard. La chose, dégoulinante de crème, odorante de croûte, molle de langueur, avait été déposée sur le siège du confessionnal.

Et le plus naturellement du monde, sans tambours ni trompettes, ce qui devait arriver… arriva. Le confesseur ne s’était pas plutôt assis qu’il sentit comme une glu collante et humide s’accrocher à son honneur. D’indignation,  le souffle lui manqua lorsqu’il constata le délit.

La prieure revoyait encore l’expression scandalisée du vieil abbé Silvère, sortant de la chapelle  le fromage collé à la soutane.

Transpirant sous son étole, rouge de colère, il essuyait la sueur ruisselante de son front en criant au sacrilège. Ces gestes furieux n’étaient d’ailleurs pas de circonstance pour se rafraîchir de l’étouffante chaleur de ce mois d’août 1613…

Devant les pensionnaires rassemblées dans la cour, il avait brandi le spectre du diable et des flammes de l’enfer pour les cœurs irrespectueux du sacré. Son sermon avait été un mélange d’imprécations et de menaces, suivies de rappels sur le pardon accordé aux coupables. Il est vrai que l’abbé Silvère avait vécu les guerres de religion et qu’il voyait partout persécution ou hérésie.

Seule Charlotte avait rougi en baissant la tête, tandis que les autres retenaient à grand peine un fou rire étouffé. Elle s’était dénoncée d’un air timide mais avec une telle expression de contrition que Mère Béatrice n’avait pas eu le cœur de la punir trop sévèrement. La petite fille avait été privée de dessert pendant une semaine et astreinte à une corvée de nettoyage des dalles du cloître aux yeux de toutes.

Ce que mère Béatrice ignorait, c’est que Claudette avait été de la farce. Le silence de Charlotte sur la participation de sa complice avait renforcé l’amitié entre les deux jeunes filles et l’on avait vu une Claudette, compatissante,  prendre part à la punition.

Mère Béatrice soupira.

Un an déjà que le vieil abbé les avaient quittées pour toujours, remplacé par le père Georges, un jeune prêtre  récemment nommé dans le pays.

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Vêtu avec une sobre élégance, bel homme malgré un menton proéminent, Charles de Backson avait décroché son baudrier et posé son épée sur le couvercle d’un coffre.

Le gentilhomme se tenait debout dans le bureau de la prieure, qui servait accessoirement de parloir privé.

Il  avait serré sa jeune sœur dans ses bras et l’observait tout en rapprochant deux chaises.

- Ma petite sœur, dit-il, je suis heureux de vous trouver une aussi bonne mine et votre air réjoui me convainc davantage  que vous vous sentez bien dans cette institution!

Ils se faisaient maintenant face. Le chevalier de Backson admira furtivement la chevelure d’une blondeur flamande que la jeune enfant  tenait de sa mère. Son teint clair, ses yeux bleus, son visage fin révélaient déjà une beauté encore inachevée, remplie des dernières rondeurs de l’enfance. Elle éclatait de santé, rayonnait d’innocence.

- Monsieur mon frère, il est vrai que mes journées sont bien remplies!

- J’ai appris que vous aviez déjà dévoré les derniers livres de la bibliothèque! dit-il.

Un sourire étira son visage. Un sourire forcé où tout observateur averti aurait vu l’expression d’un malaise. Une ride barrait maintenant son front jeune. Il soutenait difficilement le regard candide de sa soeur. Encore dans la naïveté de son enfance, la jeune Charlotte ne nota rien.

- Mon frère, dit-elle en souriant, j’ai juste lu et relu les œuvres de Pierre de Ronsard!

- Après celles de Pernette du Guillet, dont je vous avais fait cadeau l’année dernière!

Il marqua une pause, puis de l’air d’un homme qui se jette à l’eau, continua.

- Soeurette, dit-il en lui prenant les mains,  Je suis venu vous entretenir de choses sérieuses…

- Vous ai-je jamais manqué de respect, mon frère, pour que vous doutiez de mon attention?

Mais déjà, à son regard détourné, elle ressentit dans sa poitrine comme une main qui lui serrait le coeur.

- Charlotte, ma chère sœur, vous savez que notre famille, bien que d’une noblesse très honorable, n’a pas pu conserver le patrimoine auquel son rang lui permet d’aspirer…

Il venait de prendre une grande inspiration. Il poursuivit à voix basse, pâle et décidé à la fois.

- Etablir une jeune fille selon son rang nécessite une dot que nous n’avons hélas pas les moyens de vous offrir.

- Mais qu’importe, mon frère, si je me marie par amour…

- Il suffit, dit-il en balayant d’un grand geste impatient l’intervention de la jeune fille.

La fine dentelle de son poignet secouée dans le mouvement qu’il fit, retomba molle et pliée sur le dessus de sa manche.

- Vous n’êtes qu’une rêveuse, ma sœur, ajouta-t-il d’une voix grave mais décidée. Pensant à votre bonheur, je ne vois qu’une solution qui vous donnera un avenir digne tout en étant heureuse. Vous allez rester ici, parmi vos amies, les saintes femmes qui ont complété votre éducation.

Charlotte fut prise malgré elle d’un frisson indéfinissable et sans trop comprendre les conséquences de ses paroles, elle ajouta précipitamment:

- Le baron de  Breteuil n’avait-il pas parlé de demander ma main?

Le gentilhomme observa la jeune fille quelques instants et ajouta sur un ton plus bas.

- Enfant que vous êtes. Il ne s’agissait que d’une pointe d’humour en vous voyant jolie!

- Monsieur mon frère, il m’avait pourtant semblé…

- Ne puis-je vous rendre visite avec un ami sans que vous vous preniez à rêver, ma sœur? Puis il ajouta comme à regret:

- C’est homme est mort… encore jeune pour quitter la vie!

La jeune fille ne savait plus que faire mais malgré la panique qui commençait à la gagner, elle bafouilla encore.

- Je… je ne veux pas, mon frère, je vous en supplie, je ne veux pas!

Le chevalier de Backson était maintenant pressé d’en finir. Il prit un ton plus ferme pour achever la conversation.

- Il suffit Charlotte!… Ma sœur, cette décision a été prise. Songez que très probablement je serai obligé d’imposer cet état à une de mes filles!…

Puis il ajouta d’une voix grave et posée:

- Vous aurez une vie très riche. Vous recevrez et donnerez au centuple l’amour des  miséreux, des enfants orphelins, des malades… Vous sauverez des vies, des âmes peut-être…

A ces paroles, la jeune fille s’était précipitée à ses genoux en sanglotant:

- Je ne veux pas mon frère, je ne veux pas, laissez-moi me marier et avoir des enfants!! Je vous en supplie.

Elle s’abandonna, submergée par une vague de tristesse et de terreur.

- Non!  Non mon frère je vous en supplie, je veux me marier!

Elle ne savait plus que dire ni que faire. Secouée de sanglots convulsifs, elle répétait cette phrase, inlassablement, sans prendre la peine d’essuyer les larmes qui jaillissaient de ses yeux.

Le chevalier de Backson éprouva quelques secondes de tristesse à la regarder pleurer. Cependant il continua inexorablement:

- Ma chère sœur, écoutez-moi, dit-il d’une voix plus douce, comme pour la convaincre. Devinant votre intelligence, vous avez reçu, de par la volonté de votre mère, une instruction malheureusement trop poussée pour une jeune fille. Je vous connais suffisamment pour savoir que rien n’arrête votre désir d’apprendre. Seule une vie de méditation vous permettra de la poursuivre en toute quiétude.

La jeune fille s’était relevée, croyant que la douceur de sa voix révélait un changement d’intention.

- Je vous en supplie, faites que je me marie! répondit-elle avec émotion.

Elle s’était accrochée à son bras avec la spontanéité de son jeune âge, et le mouvement qu’elle fit tendit soudain le tissu de sa petite robe sur des formes menues mais bien proportionnées. Le gentilhomme découvrit ou plutôt supputa, avec son regard d’homme, les changements opérés en ces quelques mois.

- Dommage, pensa-t-il furtivement. Elle sera une très belle femme.

Il poursuivit cependant la conversation sans rien laisser paraître.

- Il ne me semble pas que beaucoup d’hommes apprécieraient une épouse n’ayant cesse de s’instruire, lire, tenir une conversation, et de surcroît composer des poèmes.

- Mon frère, n’ai-je pas appris tout ce qu’une femme doit savoir, les travaux d’aiguilles, tenir une maison…

- Tâches exécutées avec talent, certes, quand j’admire la finesse de vos broderies, mais tâches réalisées au plus vite pour vous replonger dans vos rêveries, vos dessins, vos poèmes et autres fantaisies qui distraient une femme de…

- Quand je serai mariée je me consacrerai entièrement à l’homme que j’aimerai! Serais-je la seule à écrire? Mon frère, vous oubliez Christine de Pisan, Louise l’Abbé. Ces femmes n’étaient-elles pas mariées!!

- Peu importe, ma sœur, Sainte Odile était religieuse, état qui lui a permis d’écrire le jardin des délices!

- Mon frère, je…

- Charlotte, il suffit maintenant!

Sa voix avait claqué, tout à coup froide et impatiente.

- Vous voilà bien indisciplinée! Les saintes femmes qui vous élèvent auraient-elles oublié de vous apprendre la soumission? J’entends que vous prononciez vos vœux avant vos quatorze ans. Il vous reste six mois pour vous préparer sérieusement!

Puis il poursuivit d’un ton cette fois inflexible.

- Je suis venu vous faire signer votre noviciat!

Et joignant le geste à la parole, il sortit un document de son pourpoint et le déplia sur la table.

- Signez! dit-il en trempant la plume dans l’encrier.

La jeune fille resta immobile quelques instants, la gorge serrée. Son cœur fit un bon si lourd dans sa poitrine qu’elle eut mal en respirant. Cela ne l’empêcha pas de relever la tête posément. Elle prit une profonde inspiration, et les yeux plantés dans ceux de son frère, le visage encore marqué par l’émotion, elle articula dans un souffle:

- Je ne signerai pas!

Un frisson avait saisi tout son corps mais sa voix avait à peine tremblé en prononçant cette phrase.

Elle s’était reculée de quelques pas et faisait face à son frère, sans baisser le regard, avec une expression inquiète mais ferme.

- Vous ne signerez pas?! dit-il furieux devant son front bombé et têtu, qu’à cela ne tienne! Je suis votre tuteur. Ma propre signature vous engage, vous obéirez!!!

Et d’un geste rageur, il signa le document.

La jeune fille avait quitté  la pièce en courant, sans même le saluer. Il convenait qu’elle revienne pour faire sa révérence. Mais ce n’était pas le plus important dans l’immédiat. Le gentilhomme demanda une audience à l’abbesse. Il devait lui faire part de sa décision et désirait obtenir son appui.

- Tout de même, ne put-il s’empêcher de penser en arpentant la pièce à grands pas, ma sœur a déjà bien du caractère pour un âge si tendre. Dommage qu’elle n’ait pas été un garçon!

=====

- Claudette, Claudette!

La voix bouleversée de la jeune Charlotte résonna de colonnades en colonnades, de chapiteaux en chapiteaux. Les couloirs semblaient ne plus finir. Elle gravit les escaliers en courant.

- Claudette!

La jeune fille tomba en larmes dans ses bras.

- Claudette… mon frère…

Après  un profond hoquet, elle parvint à articuler, tremblante et blême:

- Mon frère veut que je prononce des vœux… pour être religieuse… Claudette, Claudette…

La jeune fille brune n’avait pas pipé mot, se contentant de serrer son amie dans ses bras. S’il existait une mauvaise nouvelle parmi les pensionnaires, c’était celle-ci. Ce terrible avenir ou plutôt cette absence d’avenir qu’imposaient certains parents. Pétrifiée de tristesse et d’horreur, Claudette restait silencieuse. Seules ses larmes, mêlées à celles de son amie, témoignaient de sa compassion. Elle la serra plus fort dans ses bras.

- Claudette, je ne veux pas… vous entendez Claudette, je ne veux pas…

L’émotion de la jeune fille avait cependant été de courte durée. Déjà, elle avait séché ses larmes et dans un dernier hoquet, elle affirma:

- J’ai refusé de signer mon noviciat, je refuserai encore.

Elle avait apparemment repris un contrôle d’elle-même surprenant pour son âge. Toute jeune déjà, elle avait manifesté ce trait de caractère: une noble fierté qui lui faisait ravaler ses larmes pour ne rien laisser paraître.

- Claudette, je refuserai encore… quitte à en mourir!

- Mon dieu Charlotte, vous n’allez pas…

- Plutôt mourir, répéta-t-elle les yeux encore humides.

La respiration de la jeune fille avait repris un cours plus régulier. Seuls quelques spasmes soulevaient par moment sa poitrine.

Ce fut Claudette qui, sans le vouloir, lui souffla une idée.

- Sommes-nous si sûres qu’aucune autre issue ne soit possible? Peut-être devrions-nous réfléchir calmement…

- Oh! Faites-moi la bonté de me trouver un moyen pour éloigner ce malheur,  Claudette, je vous en supplie!!

- Que sais-je? ma douce amie… Mais est-il bien certain que Monseigneur l’évêque de Lille accepterait des vœux prononcés contre votre volonté?

- Oh, ma bonne et chère amie, s’exclama soudain la jeune Charlotte en lui serrant les mains, que vous m’êtes précieuse! Vous me donnez l’idée de lui écrire. Lui seul pourra intervenir auprès de ma famille. Mère Béatrice me soutiendra. J’en suis certaine! Je… je vais en parler aussi au père Georges. Je le supplierai de transmettre mon message…

Le plan paraissait simple, clair, décidé. Soudain ragaillardie par le soulagement qu’elle en éprouva, Charlotte esquissa quelques pas de danses. Puis, frappée à nouveau par un poing d’angoisse dans la poitrine, elle murmura:

- Je dois parler au père Georges, le convaincre de m’aider, de plaider ma cause… même auprès de mon frère! Dès demain… dès demain, je lui parlerai…

Lire la suite: Chapitre 2 - Le prêtre Georges

 


 

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