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Cricri et ses mitrons
Petite parodie en vers et en cinq Tableaux, d’une grande pièce en cinq actes et en prose

Carmouche
Jouslin de La Salle
Dupeuty

40 pages
Quoy, libraire-éditeur - 1829 - France
Humour - Pièce de thêatre

Intérêt: *

 

Pièce représentée pour la première fois au Théâtre des Variétés, à Paris, le 7 mars 1829.

Cette pièce, qui pastiche Henri III et sa cour, appartient à la grande tradition des parodies de pièces à succès, écrites très vite (la première de Henri III avait été donnée le 11 février 1829) pour profiter de l’engouement du public.

La pièce de Dumas, qui mettait en scène le roi Henri III et tous les grands personnages du royaume (voir une notice sur Henri III et sa cour sur dumaspere.com), est ici transposée dans un milieu de boulangers, en 1829. Cricri est le «roi des boulangers». Gueusard (le duc de Guise) est un boulanger rival qui veut supplanter Cricri en faisant du «pain mécanique».

Le déroulé de la pièce suit de très près son modèle, le comique venant de transpositions assez primaires. Par exemple, la célèbre scène où le duc de Guise force sa femme à écrire une lettre à son amant en lui broyant le bras avec son gantelet de fer devient… exactement la même scène, avec Gueusard contraignant sa femme en lui pinçant le bras.

Ecrite complètement au premier degré, la parodie manque ainsi pour le moins de finesse. Elle n'en est pas moins plutôt meilleure que la parodie La cour du roi Pétaud à laquelle Dumas lui-même avait pourtant collaboré...

Dans le même registre, mais en plus réussi, voir Batardi, parodie d’Antony, et Kinne, parodie de Kean.


Extrait du quatrième tableau, scène 4

(Cette scène parodie celle où le duc de Guise veut se faire nommer à la tête de la ligue catholique, avec les pleins pouvoirs, projet qu’Henri III déjoue en se nommant lui-même)

GUEUSARD
Cricri, tu vas nommer quelque malin capable,
Qui soit de notre clique, éditeur responsable,
Qui n’ait pas comme on dit, sa langue au bout des doigts…
Et le pain mécanique a parlé par ma voix.

CRICRI
Dites, mon beau cousin, pour une telle affaire,
Des qualités qu’il faut, faites nous l’inventaire?

GUEUSARD, à part.
Agissons finement. (haut.) Mais pour un tel emploi,
Il faut des qualités, qu’on ne trouve qu’en moi…

CRICRI, à part.
Quel machiavélisme !… (haut.) Il faut qu’on les désigne.
(A Luc assis à une petite table.)
Ecrivez… vous, dictez… pour voir qui sera digne…

GUEUSARD
Mais il faut de naissance être de ma grandeur.

CRICRI
Bien, ensuite… écrivez.

GUEUSARD
Etre de ma couleur.

CRICRI
Ensuite?

GUEUSARD
Aimer la miche et savoir la défendre,
Surtout de mon beau-père il faut être le gendre,
Avoir ces deux poings là, qui ne sont pas manchots!…

CRICRI, à Chaudchaud.
Comme on le voit venir avec ses gros sabots!…
(Jouant la bonhomie)
Je ne sais pas vraiment qui cela pourrait être.

GUEUSARD
Cherchez!… En cherchant bien, vous trouverez peut-être.
Il faut qu’enfin celui que nos voix nommeront,
Ait le droit de taper ceux qui réchigneront.

CRICRI
Je ne voyais que vous ou bien moi, mon brave homme,
Mais d’après ce mot là, c’est moi que je me nomme !


 

 

 

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