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Monte Cristo #99

John Jakes

176 pages
1970 - États-Unis
SF, Fantasy - Roman

Intérêt: **

 

Le comte de Monte-Cristo transposé dans un contexte de science-fiction: c'est ce que propose ce très curieux roman. Point de départ: en l'an 2116, un androïde (c'est à dire un robot fabriqué en matières organiques) est mis au point. Aboutissement d'une longue série d'ébauches, il porte le numéro 99. Chef d'oeuvre de son créateur, cet être est indestructible et donc virtuellement immortel. On ne peut le distinguer d'un humain. Et son concepteur l'a doté de la faculté d'éprouver trois sentiments: la peur, l'amour, la haine.

Cette "machine" d'exception est achetée par Don Pedro Dax, richissime homme d'affaires de la planète Terre. Aussi impitoyable que tout puissant, Dax règne sur un empire industriel s'étendant à de nombreuses planètes.

Les choses se gâtent quand l'androïde - baptisé Emanuel - et la fille de Dax tombent amoureux. La rage de l'homme d'affaires provoque accidentellement la mort de sa fille. Pour se venger, il fait alors ensevelir "vivant" l'androïde dans les sables de Mars.

Mais 1100 ans plus tard, sous l'effet du vent et de l'érosion, Emanuel est dégagé de l'emprise du sol martien. Cet emprisonnement interminable, il l'a passé à ressasser sa douleur et sa haine contre Dax. Et aussi à explorer la fantastique bibliothèque stockée dans sa mémoire, parmi laquelle Le comte de Monte-Cristo. L'androïde sort donc bien décidé à se venger méthodiquement des descendants de Dax.

Il consacre d'abord 600 ans à se bâtir une fortune colossale, à monter des réseaux, etc.. Quand il est prêt, il passe à l'offensive contre les trois héritiers de Dax en vie à l'époque (et qui, 1700 ans plus tard, portent toujours le même nom et sont le portrait moral craché de leur ancêtre!).

Il cause alors leur ruine et leur mort. Arrêté, Emanuel passe en procès, mais est acquitté grâce à la révélation de sa nature: aucun texte ne permet de condamner un non-humain...

Monte Cristo#99 souffre incontestablement de quelques sérieuses faiblesses. Sa brièveté, notamment, fait que la vengeance est expédiée en quelques pages. Mais le résultat global n'en est pas moins réjouissant: la transposition du Comte de Monte-Cristo dans un cadre d'empire galactique, le château d'If remplacé par les sables de Mars, la vengeance reportée des siècles plus tard sont autant de trouvailles. Sans prétention, ce petit roman est une réussite, même si le meilleur Monte-Cristo en science-fiction demeure The stars my destination d'Alfred Bester.

Extrait de la 2ème partie

I lay in my prison of sand, fully sentient, for one thousand one hundred and four years.
I required no air for existence. I breathed the sweet poison fumes of my hatred of Dax.
Not a cell of my artificial body cried out for nourishment during all that imprisonment, yet I fed daily, hourly, moment by moment, on rich scenes of the destruction of the house of Dax.

During the first eight or ten years I suspected that I might go mad, until at last I searched the treasures of books stored in my brain cells and reasoned slowly and painfully that Amunssen had in some details made his creations more perfect than human beings. I would gain no release through a breakdown of my mind.

At the end of a hundred years, each day prior to that marked off in a portion of my head which served for a kind of interior calendar, I began to lose accurate count of time so that a moment seemed to take eighty years to pass, while only a second later, my still-rational calendar-mind assured me that more than three centuries had just elapsed.

The re-creation of my hours with Isabel became familiar and automatic, as though the events had been transferred to a mental roll of film which the projector of my brain reeled off, with all accompanying sound and lighting effects, on a regular schedule. That was one patter of thought with which I occupied myself.

Dax.

Dax the abominable.

Dax the daughter-slayer.

Dax the town-ravager.

Dax - my enemy.

Impossible and frightfully obscene schemes of revenge suggested themselves in limitless numbers white I lay unmoving under tons of red dust. None of them were feasible but all were highly satisfying. By the end of the second century of my enforced imprisonment I could accept the fact that Don Pedro Dax would be dead and rotted by the time I emerged from my tomb.

I never doubted for one moment that I would emerge. I could not say how or when. I was impossibly chained, oppressed by a mountain of dust, and Amunssen had never constructed his creatures to possess superhuman powers. I might emerge to find civilization destroyed, or the name of the house of Dax obliterated, or both, but the sureness and strength of my hate promised and repromised me that with the death of Isabel, Don Pedro would have surrendered his treacherous wife to the rigors of refertility, and a male heir would have been brought forth to feed the master's mania. That male would beget another, and that one, another, and there would still stand a house of Dax for me to topple, even though its master might be a toothless idiot, its house a ruined hovel, its chattels a square of wasted squatter's earth in some sink of dying civilization, its escutcheon a roach or other foul insect crawling in display up the robes of my last antagonist . . .


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