Il Conte dell’isola di Monte-Cristo ovvero Il Marinajo e lo scienzato
Gustavo Bugamelli
102 pages 1847 - Italie Pièce de thêatre
Intérêt: 0
Merci à François Rahier, grand spécialiste du théâtre
d’Alexandre Dumas, d’avoir rédigé pour pastichesdumas
cet article sur une pièce écrite en italien, langue que
j’ignore.
P. de J.
Il Conte dell’isola di Monte-Cristo, ovvero Il Marinajo
e lo scienzato est une pièce italienne datant de
1847. Son titre et son sous-titre peuvent se traduire
ainsi: Le comte de l’île de Monte-Cristo ou Le marin
et le savant. A noter: « Marinajo » est un
terme emprunté au dialecte napolitain. On trouve plusieurs
de ces emprunts dans le texte. Le napolitain est parfois
utilisé dans la littérature italienne comme expression
d’un parler populaire. La pièce a été publiée à Milan.
La
liste des personnages est la suivante:
Edmond Dantès
Léopold Dantès
Mercédès
Catherine
Fernand Mondego
Monsieur de Villefort
Faria
Albert
Beauchamp
Pénélon
Antonio, geôlier
Agostino, second geôlier
Un médecin
Un officier
Un domestique de Fernand
Un domestique d’Edmond
Soldats
Marins
Geôliers
Le descriptif suivant figure au début du volume: La
Première partie se déroule dans le port de Marseille.
Époque, 1815 – La Deuxième dans une cellule du Château
d’If. Époque, 1823 – La Troisième dans une autre cellule
du même château. Époque, 1829. La Quatrième dans l’île de
Monte-Cristo. Époque, 3 mois plus tard – La Cinquième dans
le Palais du Comte de Morcerf à Paris. Époque, 1836 – La
Sixième dans le Palais du comte de Monte-Cristo à Paris.
Époque, 3 mois plus tard.
Résumé
PREMIÈRE PARTIE
LE PORT DE MARSEILLE ou LE PÊCHEUR ET LA FIANCÉE ESPAGNOLE
Époque, 1815
Alors qu’on attend l’arrivée du Pharaon, Fernand et
Villefort complotent la perte d’Edmond. Celui-ci est
arrêté au moment où il allait épouser Mercédès.
DEUXIÈME PARTIE
LA CELLULE DU CHÂTEAU D’IF ou LE SAVANT ET LE PRISONNIER
Époque, 1823
Huit ans plus tard, dans sa prison, Edmond rencontre
l’abbé Faria qui l’éclaire sur le complot dont il a été
victime.
TROISIÈME PARTIE
LES DEUX PRISONNIERS ET LES DEUX SECRETS ou LE CIMETIÈRE
ET LA FUITE
Époque, 1829
Six ans ont encore passé. Au seuil de la mort Faria initie
Edmond à ses secrets. Edmond prend sa place dans le sac
funéraire que l’on jette à la mer.
QUATRIÈME PARTIE
L’ÎLE DE MONTE-CRISTO ou LE NAUFRAGE ET LE TRÉSOR
Époque, 3 mois plus tard
Sur l’île de Monte-Cristo, Edmond retrouve son ancien
timonier Pénélon. Ils découvrent le trésor et s’associent
pour l’aventure à venir.
CINQUIÈME PARTIE
LA CHAUSSÉE D’ANTIN À PARIS ou VINGT ANS APRÈS
Époque, 1836
Effondré, Fernand, l’époux de Mercédès devenu comte de
Morcerf, découvre que sa trahison lors de la bataille de
Janina en 1823 va être rendue publique. Mais par
l’entremise de qui ? Villefort lui annonce qu’il
vient d’être victime d’une catastrophe boursière. Entrent
en scène Mercédès, son fils Albert, puis Edmond, sous le
titre de « Comte de l’île de Monte-Cristo ».
Edmond a sauvé la vie d’Albert pendant la guerre. Le jeune
homme présente Edmond à sa mère. Ambiance lourde de
menaces.
SIXIÈME PARTIE
LE PALAIS AUX CHAMPS-ÉLYSÉES ou LA PAUVRE MÈRE !
Époque, 3 mois plus tard
« C’est aujourd’hui le dernier jour de ma
vengeance » dit Edmond au début de cette sixième
partie. Successivement, on apprend qu’Albert vient
demander réparation à Edmond pour avoir insulté l’honneur
de son père, puis Mercédès vient implorer la clémence
d’Edmond. Edmond refuse alors de se battre avec Albert.
Fernand et Villefort sont démasqués, Fernand s’enfuit et
se tue, on ne sait ce que devient Villefort. Happy end
pour Edmond, Mercédès et Albert qu’Edmond va adopter.
Analyse
Un an après Louis Placide Canonge (auteur d’une première
adaptation au théâtre du Comte de Monte-Cristo en
cinq actes publié en Louisiane en mai 1846 quelques mois
après la parution en revue du dernier chapitre du roman de
Dumas) et un an avant la propre adaptation théâtrale par
Dumas lui-même (et Maquet) du roman, Gustavo Bugamelli
avait proposé en Italie une réduction de Monte-Cristo d’un
seul tenant, six parties qui pourraient correspondre à six
actes
Publiée en 1847 l’œuvre a peut-être été jouée, mais elle
présente peu d’intérêt dramatique – même si elle est
l’œuvre d’un « artiste comique », et
qu’elle est dédiée à un « acteur dramatique de
premier plan », Alamanno Morelli. L’auteur
opère des coupes franches dans l’œuvre initiale, et l’on
comprend qu’en 102 pages il était difficile de rendre
compte de l’ensemble d’un roman qui fait 1600 pages dans
la dernière édition du Livre de poche. Pour mémoire, les
pièces de Dumas et Maquet occupent deux soirées de deux
fois cinq actes et deux volumes du Théâtre complet dans
l’édition Michel Lévy.
Du coup, Morel, Danglars, Caderousse, Benedetto
disparaissent. Le personnage de Villefort est esquissé.
Signalons surtout l’existence de longs passages narratifs,
qui nuisent à la continuité dramatique de l’œuvre, mais
qui ont bien sûr pour finalité d’informer le spectateur –
ou le lecteur – de tout ce qui s’est passé entre chacune
des parties. C’est le cas, par exemple, de la quatrième
partie où Edmond et Pénélon se retrouvent sur l’île de
Monte-Cristo ; tout au long d’une seule longue scène,
avant de trouver le trésor, Edmond narre à son ancien
timonier, le fil de ses aventures passées. La fin est
abrupte. Ayant réglé le sort de Fernand, l’auteur semble
se désintéresser de Villefort, qui disparaît de scène sans
qu’on nous dise ce qu’il est devenu. Pour résumer, une
curiosité, manifestant surtout l’intérêt qu’un homme de
théâtre avait pu trouver dans le roman de Dumas trois ans
après sa publication.
François Rahier
Extrait de la première partie (traduction française
ci-dessous)
PARTE PRIMA
IL PORTO DI MARSIGLIA
OVVERRO
IL PESCATORE E LA FIDANZATA SPAGNUOLA.
Еросa, 1815.
La Scena rappresenta la spianata del mare. Varie case
pescareccie sparse qua e là; alcune navi ancorate in
distanza indicano essere quel luogo poco distante dal
porto. A dritta degli Attori vi sarà una casa in migliore
stato delle altre. Confitto nel muro della medesima vi
sarà un sedile di pietra rozza, come pure avanti ad esso
un tavolino pure di pietra. Alla riva vi sarà uno scalo
onde approdare i piccoli legni.
SCENA PRIMA.
Leopoldo Dantes e Caterina, sortende ambedue dalla casa
a dritta.
Cat. Ma si, ve lo ripeto. È il Faraone! Lo dicono
tutti.
Dan. E cosi grande la mia gioia, che ne sono
tuttavia incredulo.
Cat. Ma se non avete fiducia ne’ miei occhi,
valetevi del vostro cannocchiale.
Dan. La mia vista è indebolita, e le lenti non
servirebbero a nulla.
Cat. Ma se lo hanno detto tutti quelli che si
ritrovavano sulla piattaforma del forte S. Giovanni! E il
Faraone che arriva.
Dan, (con emozione) Ho bisogno di crederlo,
anzi lo credo fermamente. I palpiti di un padre non
ingannano, e questi mi annunciano che il mio Edmondo è
vicino! Questo giorno tanto sospiralo è finalmente giunto!
Cat. Avrete finito di cacciare quei lunghi
sospironi.
Dan. Cara ragazza, ogni giorno che scorre è un
passo di più che mi avvicina al sepolcro. Ma dimmi: non
sarebbe stato un peccato che io fossi morto prima del suo
ritorno?
Cat. Ma sapete che siete curioso? La sua permanenza
in Marsiglia sarà di pochi giorni. È quando dovrà
ritornare in mare?
Dan. È vero... ma per l'avvenire non sarò più solo.
Secondo quello che abbiamo concertato prima della sua
partenza, il giorno del suo ritorno sarà ancor quello del
suo matrimonio.
Cat. (sorpresa) Davvero!
Dan. (sorridendo) Quest'è un affare che
abbiamo tenuto in segreto in tre. lo, Edmondo e Mercedes,
la sua fidanzata... ed un quarto ancora... ch'è il
reverendo ministro della nostra parrocchia. Con lui mi
sono già inteso. Oggi l'arrivo di mio figlio, oggi il suo
matrimonio... e poi... avvenga che vuole! s'egli
ripartirà, almeno avrò in mia casa chi mi parlerà sempre
di lui… Pene... gioie... saranno tutte divise... ah! stai
con tanto di bocca? Non lo sapevi eh questo?
Cat. Che dovesse succedere cosi sollecitamente il
matrimonio, no davvero. Mi giunge nuova di zесса.
Dan. Non perdiamo il tempo in ciarle, ma
approfittiamone. Tu corri subito da Mercedes... e dille...
che si rechi subito da me... già... la troverai alla
finestra con tanto d'occhi spalancati.. Intanto lo vado
dal ministro ad avvertirlo e torno subito qui. La
cerimonia potrà farsi per il mezzo giorno alla più lunga,
io spero... Adesso non sono che le otto del mattino.. Alle
dieci è qui... fra le ciarle... i preparativi... eh! che
non sbaglio ne' miei conti!
Cat. Vado dunque a chiamare Mercedes…
(avviandosi)
Dan. Ed io corro dal ministro…
Cat. Non correte tanto. Alle volte potreste
inciampare in qualche canape…
Dan. Eh sciocca! Credi che non abbia gli occhi in
testa? Mi pare di essere ringiovanito almeno di vent'anni.
(parte dal fondo a dritta degli Attori, e Caterina
dalla parte opposta)
SCENA II.
Fernando che viene dal fondo a sinistro.
(Colle braccia incrociale sul pelto e con fisionomia
cupa, osserva attentamente il mare. dalla parle ove fu
indicato il Faraone)
Sembra un'aquila ad ali spiegate! Tutto lo favorisce!
Edmondo ritorna!.. Ritorna illeso e felice! Felice!..
mentre io mi divoro dal rancore! (con riso amaro)
Felice lui! (con rabbia) Sì, poiché possiede il
cuore di quella donna ch’io idolatro!.. E lo sa
quell’ingrata che io l’amo, e prima ancora ch'Edmondo la
conoscesse!.. oh! ma le parole, ed anche le minaccie non
valsero a nulla: (osservando di nuovo) Ha gettato
l’ancora!.. fra poco verrà a terra!.. (con slancio)
E chi è questo Edmondo per anteporlo al povero Fernando il
pescatore?… Un fortunato marinaio del Faraone… e nulla
più!.. (riflettendo) ma egli salirà più alto… e
protetto dal capitano, dall’armatore… Ah! quando il soffio
della fortuna è per un uomo… ma non potrei abbattere
questa fortuna... quest’uomo?.. (contrastato da vari
pensieri) Non so a quale partito appigliarmi. (rimane
assorto seduto sulla riva osservando il mare)
SCENA III.
Villefort che viene dal fondo a sinistra, e detto.
Vil. (in abito semplicissimo. Viene sulla scena
osservando il mare con un piccolo cannocchiole; mostra
dell'inquietudine) Quel legno mercantile si è
ancorato... Egli ha toccato Napoli... quindi direttamente
a Marsiglia... (venendo sul proscenio) Sè alcuno
dell'equipaggio fosse incaricato di lettere per Parigi?...
e se alcuna di queste lettere fosse diretta a mio padre!..
Io debbo temere di tutto! Trista situazione!.. Io,
sostituto del procuratore del re in Marsiglia!.. Vicino a
stringere un cospicuo maritaggio colla famiglia S.
Merain... famiglia che gode il favore di Luigi XVIII, io
tremare... e perchè?.. Perchè mio padre è un antico
partigiano dell'uomo ch'era prigioniero all'isola
d'Elba... perchè questo padre cospira per la sua
evasione... pel suo ritorno in Francia... ah! potessi
intercettare i suoi carteggi... svanire i suoi progetti!..
Se mio padre viene scoperto!.. la famiglia S. Merain non
vorrà più unirsi alla mia... il favore del re non potrà
più innalzarmi... anzi il suo sdegno!… (risoluto)
Debbo tutto intraprendere per atterrare qualunque ostacolo
che si frapponga alla mia nascente grandezza.
Traduction française
LE PORT DE MARSEILLE ou LE PÊCHEUR ET LA FIANCÉE ESPAGNOLE
Époque, 1815
La scène représente le front de mer. Des cabanes de
pêcheurs ici et là ; quelques navires ancrés au
large et qui indiquent que le lieu se trouve à peu de
distance du port. À droite des acteurs une maison en
meilleur état que les autres. Appuyé au mur de cette
cabane on voit un banc en pierre avec une table placée
devant. Au bord de l’eau, un quai où accostent de
petites barques.
Scène première
LÉOPOLD DANTÈS et CATHERINE, sortant ensemble de la
maison à droite.
CATHERINE
Mais si, je vous le répète. C’est le Pharaon !
Ils le disent tous !
DANTÈS
Ma joie est si grande que je suis tout de même incrédule.
CATHERINE
Mais si vous n’avez pas confiance dans mes yeux, alors
prenez vos lunettes.
DANTÈS
Ma vue est si faible que mes lunettes ne serviront à rien.
CATHERINE
Mais ils le disent tous ceux qui se retrouvent en ce
moment sur la plate-forme du Fort Saint-Jean ! C’est
le Pharaon qui arrive.
DANTÈS, avec émotion.
J’ai besoin d’y croire, aussi je le crois fermement. Les
battements de cœur d’un père ne le trompent pas, et
ceux-ci m’annoncent que mon Edmond est près d’ici !
Ce jour tant espéré est finalement arrivé !
CATHERINE
Vous aurez fini de pousser tous ces longs soupirs.
DANTÈS
Chère enfant, chaque jour qui vient est un pas de plus qui
me rapproche du sépulcre. Mais, dis-moi : n’aurait-ce
pas été un péché que je meure avant son retour ?
CATHERINE
Mais vous savez que vous êtes curieux ! Son séjour à
Marseille ne sera que de quelques jours. Et quand il devra
à nouveau s’embarquer ?
DANTÈS
C’est vrai… mais pour l’avenir je ne serai plus seul.
Comme nous l’avons décidé ensemble avant son départ, le
jour de son retour sera aussi celui de son mariage.
CATHERINE, surprise.
Vraiment ?
DANTÈS, souriant.
C’est une affaire que nous avons tenu secrète tous les
trois. Moi, Edmond et Mercédès, sa fiancée… et un
quatrième encore… le curé de notre paroisse. Je me suis
déjà entendu avec lui. Aujourd’hui le retour de mon fils,
aujourd’hui son mariage… Et puis… Arrivera ce qui
arrivera ! S’il repart, il y aura au moins dans ma
demeure quelqu’un qui me parlera toujours de lui… Peine…
joie… seront également partagées… Ah ! Toi qui as
toujours le mot à la bouche, tu ne le savais pas ?
CATHERINE
Que le mariage devait avoir lieu aussi rapidement, non, je
l’apprends tout juste.
DANTÈS
Ne perdons pas davantage de temps à bavarder, mais
profitons-en. Toi, cours vite chez Mercédès… et dis-lui…
qu’elle vienne me voir immédiatement… Tu la trouveras déjà
à sa fenêtre, les yeux grands ouverts… Pendant ce temps je
verrai le prêtre pour l’avertir et je reviendrai tout de
suite après. La cérémonie pourra avoir lieu à midi au plus
tard je l’espère… Il n’est après tout que huit heures du
matin… À dix heures, il est ici… Entre les bavardages… les
préparatifs… Que je ne me trompe surtout pas dans mes
comptes !
CATHERINE
Je vais donc avertir Mercédès.
(Elle se prépare à partir.)
DANTÈS
Et moi je vais voir le curé…
CATHERINE
Et ne courez pas si vite. Vous risquez de trébucher…
DANTÈS
Eh sotte ! Tu crois que je n’ai pas les yeux en face
des trous ? J’ai l’impression que j’ai rajeuni de
vingt ans au moins.
(Il sort par la droite et Catherine du côté opposé.)
Scène II
FERNAND, entre depuis le fond à gauche.
(Les bras croisés sur sa poitrine, l’air sombre, il
observe attentivement la mer du côté où l’on attend le
Pharaon.)
Il est comme un aigle aux ailes déployées ! Tout lui
sourit ! Edmond revient !... Il revient sain et
sauf et heureux ! Heureux ! pendant que moi la
rancœur me dévore ! (Avec un rire amer.)
Heureux, lui ! (Avec rage.) Oui, puisqu’il
possède le cœur de la fille que j’idolâtre !... Et
elle le sait, cette ingrate, que je l’aime, et bien avant
même qu’Edmond ne l’ait connue… Oh ! mais les mots,
et aussi les menaces, n’ont servi à rien ! (Regardant
à nouveau.) Il a jeté l’ancre !... Dans peu de
temps il sera à terre !... (Avec lassitude.)
Mais qui est cet Edmond pour l’emporter sur le pauvre
Fernand le pêcheur ?... Un marin du Pharaon
qui a eu de la chance… et rien de plus !... (Réfléchissant.)
Mais il ne s’arrêtera pas là… C’est le protégé du
capitaine, de l’armateur… Ah ! Quand le souffle de la
fortune accompagne un homme… Mais est-ce que je ne
pourrais pas renverser le cours de cette fortune… abattre
cet homme ?... (Perdu dans ses pensées.) Je ne
sais plus quel parti prendre.
(Il s’assoit près du rivage en observant la mer.)
Scène III
VILLEFORT rentre par le fond à gauche, FERNAND.
VILLEFORT, vêtu très simplement.
(Il rentre en scène en observant la mer avec une petite
longue-vue ; il montre de l’inquiétude.)
Ce navire marchand a jeté l’ancre… Il a accosté à Naples…
Puis il est revenu directement sur Marseille… (Se
rapprochant du devant de la scène.) Et si quelqu’un
dans l’équipage avait été chargé d’un courrier pour
Paris ?... Et si une lettre était destinée à
mon père !... Je dois tout craindre ! Triste
situation !... Moi, substitut du procureur du roi à
Marseille !... Près de conclure un mariage
important avec la famille Saint-Méran… famille qui jouit
des faveurs du roi Louis XVIII, je tremble… Et
pourquoi ?... Parce que mon père est un ancien
partisan de l’homme qui est prisonnier à l’île d’Elbe…
Parce que ce père conspire pour son évasion… Pour son
retour en France… Ah ! Si je pouvais intercepter
cette correspondance… Faire échouer ses projets !...
Et si mon père venait à être découvert !... La
famille Saint-Méran ne voudra plus s’unir à la mienne… La
faveur du roi ne pourra plus m’aider à m’élever… Et sa
colère !... (Résolument.) Je dois tout
entreprendre pour abattre tout obstacle qui s’opposerait à
ma grandeur naissante.
Texte et traductions: François Rahier, 2024
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