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La seconda primavera del Conte di Montecristo
Collaborateur régulier de pastichesdumas, François Rahier y traitait notamment des livres écrits en italien, langue que je ne parle pas. Il a achevé sa présentation du roman La seconda primavera del Conte di Montecristo (La seconde jeunesse du Comte de Monte-Cristo) le 3 novembre 2025, veille de son décès. Pastichesdumas a donc le - triste - honneur de publier le dernier article écrit par François. Qu’il en soit infiniment remercié, où qu’il se trouve désormais… P. de J. Résumé des trente chapitres du roman 1-Laissant
Mercédès à Marseille, Edmond s’embarque pour le Nouveau
Monde en compagnie d’Haydée, Jacopo, Ali et de « son
cher ami Elwis ».2-Pendant ce temps, Albert s’était engagé comme soldat en Afrique ; Mercédès pense à le rejoindre et s’embarque avec Emilio Bertrand, écrivain voyageur, pour un périple en Méditerranée. Elle est accompagnée de sa suivante la jeune Viola. 3-À New York, Edmond et ses amis retrouvent Caderousse, vieil ami d’Edmond, qui tient un estaminet à Greenwich Village. 4-Lors d’une escale en Sicile, Viola s’éprend d’un jeune homme. 5-Les deux jeunes gens se retrouvent le lendemain ; le garçon lui dit s’appeler Tancrède, marquis de Velancy. 6-À New York, Jacopo et Ali se confient leur mutuelle méfiance vis-à-vis d’Elwis dont les relations avec Haydée semblent ambiguës. 7-Sur le bateau qui les emmène maintenant en Tunisie, Mercédès lit La Princesse de Clèves. 8-À New York, devant notaire, Elwis devient fondé de pouvoir du comte. Les soupçons de Jacopo et d’Ali grandissent, d’autant qu’Edmond va regagner l’Europe. 9-À Tunis, Viola se perd dans le marché et retrouve son chemin grâce à Tancrède, qui voyage lui aussi. 10-Tunis : intimité croissante des deux jeunes gens qui se déclarent leur amour. 11-Excursion de Bertrand et ses passagers à Carthage ; prochaine étape, Tripoli en Libye. 12-Edmond rejoint l’Europe ; après un bref séjour à Marseille, soucieux des intérêts d’Haydée, il part en Grèce où il visite, près d’Athènes, une communauté monastique spécialisée en herboristerie ; à la surprise du père abbé, Yorgos, il s’enquiert des propriétés de la belladone. 13-Attaque de pirates dans le Golfe de Gabès : Viola et Mercédès sont enlevées. Venu à la rescousse Tancrède semble surpris d’apprendre que la compagne de Viola, enlevée avec elle, se nomme Mercédès Mondego. 14-Tancrède, Bertrand et leurs amis gagnent Marseille pour demander de l’aide à Edmond. On découvre qu’ils se connaissent et que Tancrède se prénomme en fait Luigi. Les pirates envoient une demande de rançon. On s’organise pour les surprendre dans leur repaire, une île sur la côte libyenne. 15-Luigi et ses hommes libèrent les deux captives ; retrouvailles émues d’Edmond et de Mercédès. 16-À New York, la vie continue, les uns et les autres s’occupant des affaires commerciales d’Edmond. Jacopo et Ali se demandent comment aider Elwis à avouer à Edmond son amour pour Haydée, et comparent leur situation à celle de Lancelot et de Guenièvre par rapport au roi Arthur dans les romans de la Table ronde. Sur ces entrefaites, Haydée se révèle enceinte, et accouche un jour d’un petit Alex qui devient la « mascotte » de toute cette étrange famille. 17-Tout est bien qui finit bien, ou presque. Mais Luigi est tourmenté par une question : comment révéler à Viola qu’il lui a menti, et que, bien qu’issu d’une famille noble, il est devenu un bandit d’honneur, une sorte de Robin des Bois ? Il demande conseil à son ami Edmond auquel il a déjà rendu service avec ses frères d’armes à diverses occasions. 18-Suivant les conseils d’Edmond, Luigi avoue la vérité à Viola, qui a des difficultés à accepter que Luigi lui ait menti et qu’il soit un hors-la-loi. 19-Le soir venu, Edmond et Mercédès prennent un peu de temps pour parler de ce qui vient d’arriver, et commencent à envisager aussi autre chose : peut-être la vie leur offrira-t-elle « una seconda opportunità, una seconda primavera » (une seconde chance, une seconde jeunesse) ? 20-Malgré toutes les péripéties qu’elle et Viola ont connues, Mercédès persiste à continuer sa croisière avec les Bertrand ; elle leur confie vouloir avant tout retrouver son fils Albert. 21-Elle se confie également à Edmond, qui propose de se joindre à eux, avec Luigi. Ils partent donc tous ensemble le lendemain pour l’Algérie. 22-Court interlude américain, où, après quelques moments d’angoisse, maladie du bébé, puis de sa mère, et vaines tentatives des amis pour contacter Edmond en Europe, tout finit par rentrer dans l’ordre. 23-Arrivés en Algérie, Edmond et Mercédès se renseignent auprès du commandant des forces coloniales françaises qui y sont stationnées : le spahi Albert de Morcerf est en mission sur une position stratégique dans le désert. Tous décident de s’y rendre. 24-Edmond et ses amis se joignent à une caravane. Nuit dans le désert, propice aux méditations. 25-La caravane poursuit sa route. Vent de sable, oasis, scorpions, nouvelle nuit dans le désert : Edmond montre les étoiles à Mercédès et lui parle de Grande Ourse et de Voie lactée à grand renforts de mythologie. 26-Mercédès interroge Edmond sur Haydée, dont elle croit qu’il est épris. Edmond raconte alors à Mercédès l’étrange histoire d’Haydée et d’Elwis, embarqués avec elle pour New York. Elwis est en réalité Hassan Bey, un jeune homme épris d’Haydée qu’il considère comme sa fiancée. Accusé du meurtre de son beau-père (une affaire d’empoisonnement à la belladone sur lequel Edmond était allé enquêter près d’Athènes) il avait dû se cacher sous un faux nom. Il est maintenant innocenté et va épouser Haydée. 27-Arrivés à destination, ils apprennent des nouvelles alarmantes d’Albert : blessé ou malade, il a été transféré dans un poste sanitaire à Bou Saâda. 28-Albert est atteint de malaria. Il est rapidement remis sur pied grâce aux doses de quinine qu’Edmond lui administre. Retrouvailles émues de la mère et du fils. 29-Edmond demande officiellement Mercédès en mariage, et se propose d’emmener tout son monde en Amérique pour l’aider à gérer ses affaires. 30-Et tout le monde se retrouve à New York chez Caderousse pour fêter leurs retrouvailles et le baptême du petit Alex dont Edmond et Mercédès deviennent parrain et marraine ! Analyse Ce roman a été autoédité sur Amazon par Romilda Marchesani. Celle-ci, qui a passé son enfance et son adolescence en France et utilise d’ailleurs souvent des mots français dans son texte, est enseignante à Pescara, dans les Abruzzes. Passionnée de lecture, de cuisine et de peinture, elle a publié un premier livre en 2024, Il Giglio di rame (Le Lys de cuivre). On voit cependant à la mise en page inhabituelle du livre (interligne 2 ou 2,5 pour une police 12, ce qui donne des pages très peu denses) et à ses défauts de construction qu’on a affaire à une auteure peu expérimentée. Il lui semble difficile, par exemple, de gérer plusieurs fils narratifs, Caderousse, Jacopo, Haydée et les autres étant vite un peu oubliés à New York. Pourquoi New York d’ailleurs ? Ce qui est amusant, c'est qu’on se dit parfois que Romilda Marchesani n'a peut-être jamais lu Monte-Cristo ! Quand on découvre que Caderousse est un vieux pote d'Edmond, c'est le pompon ! L’auteure semble tout ignorer du passé du personnage. Et il y a très peu de détails dans le corps du livre se référant à l’intrigue principale de Dumas. (Il est d'ailleurs frappant de constater qu'aucun des "méchants" survivants à la fin du Comte de Monte-Cristo - Danglars, Benedetto...- n'apparaît dans ce roman, contrairement à ce que l'on voit dans la plupart des suites - note de P. de J.) L’ensemble est mal construit, beaucoup de chapitres trainent en longueur, et les révélations finales sur l'histoire d'Hassan/Elwis semblent un rattrapage de dernière minute. On ne voit pas grand-chose de New York, en revanche le périple méditerranéen des héros est assez bien documenté. Romilda Marchesani a dû potasser Wikipedia: couleurs, odeurs, plantes, architecture, instruments de musique etc. - sauf quand on leur prépare un « coucous » (sic) ! Cela dit, le livre n'est pas un pensum : ça se lit vite et c'est parfois drôle. François Rahier Extrait du chapitre 19 Version française ci-dessous « A proposito. Sbaglio o Luigi sembra avere un certo interesse per la signorina Viola? Ho notato il suo modo di guardarla e di proteggerla. Sembrerebbe che ci sia una certa intesa tra loro due ». A queste parole Edmond, cercando di non tradire le confidenze ricevute da Luigi, rispose: « Può darsi! D’altronde sono entrambi molto giovani. Ma dimmi, Viola ti ha forse confidato una sua simpatia per lui? » « No, semplicemente ho visto il modo in cui i due ragazzi si rapportano. Hanno tutti e due una luce negli occhi che è inconfondibile! » « Parli come se tu avessi provato e visto già quella luce, Mercédès! » le disse Edmond con tono affettuoso. La donna, arrossendo: « Sì, ho avuto questa fortuna! » A quelle parole Edmond, abbassando lo sguardo, sussurrò: « Mercédès, io… » e prima che terminasse, la donna, senza indugi, cambiò discorso: « Guarda Edmond che meraviglia! Una coppia di fenicotteri! » Proprio in quel momento due fenicotteri erano planati sulla battigia. Avevano un aspetto fiero e maestoso. Il loro piumaggio bianco e rosato si confondeva con i riflessi del sole sulla distesa di acqua marina. Mercédès osservandoli meravigliata disse: « Sai Edmond che invidio un po' la loro vita! » E lui: « Perché mai? » « Perché avrei voluto sentirmi libera come loro! » « Perché non ti senti libera ora, Mercédès? » « Si, ora si. Ma avrei voluto esserlo tempo fa proprio come loro due! » e indicò i due volatili che stavano dispiegando le ampie ali. « Mercédès, la vita mi ha insegnato che non siamo noi a scegliere, ma è lei a scegliere per noi! E spesso ci dà una seconda opportunità, una seconda primavera! » « Forse hai ragione Edmond, ma è anche una questione di tempistiche! » « Il tempo, mia cara, a volte ci sembra così lungo quando siamo infelici e invece così breve quando siamo appagati! » sentenziò il conte. Traduction française « À propos. Je me trompe, ou Luigi semble avoir un certain intérêt pour la signorina Viola ? J’ai remarqué la façon qu’il avait de la regarder et de veiller sur elle. Il semblerait qu’il y ait une certaine intimité entre eux deux ». À cette question Edmond, essayant de ne pas trahir l’aveu qu’il avait reçu de Luigi, répond : « Peut-être bien. D’ailleurs ils sont tous les deux très jeunes. Mais dis-moi, Viola ne t’a-t-elle pas fait quelque confidence sur la sympathie qu’elle éprouvait pour lui ? » « Non, j’ai simplement vu la façon dont les deux jeunes gens se comportaient l’un vis-à-vis de l’autre. Ils ont tous les deux une lumière dans les yeux que l’on ne peut confondre avec aucune autre ! » « Tu parles comme si tu avais éprouvé et vu cette lumière, Mercédès ! » lui dit Edmond d’un ton affectueux. La jeune femme, en rougissant : « Oui, j’ai eu cette chance ! » À ces mots, Edmond, abandonnant sa réserve, susurre : « Mercédès, je… » et avant qu’il ne termine, la jeune femme, sans transition, change de sujet : « Regarde Edmond cette merveille ! Un couple de flamants roses ! » Juste à ce moment deux flamants roses étaient en train de planer sur le rivage. Ils avaient un aspect fier et majestueux. Leur plumage blanc et rosé se confondait avec les reflets du soleil sur l’étendue de la mer. Mercédès en les observant émerveillée dit : « Tu sais Edmond que j’envie un peu leur existence ! » Et lui : « Mais pourquoi ? » « Parce que j’aurais voulu me sentir libre comme eux ! » « Pourquoi, ne te sens-tu pas libre en ce moment, Mercédès ? » « Oui, maintenant si. Mais j’aurais voulu l’être il y a longtemps, libre comme eux » et elle lui montre les deux volatiles déployant leurs amples ailes. « Mercédès, la vie m’a enseigné que ce n’est pas à nous à choisir, mais que c’est elle qui choisit pour nous ! Et souvent elle nous donne une seconde chance, une seconde jeunesse ! » « Tu as peut-être raison Edmond, mais c’est aussi une question de temps ! » « Le temps, ma chère, semble parfois s’écouler lentement quand nous sommes malheureux et parfois son cours est rapide quand nos désirs sont satisfaits ! » poursuivit le comte en philosophant. Traduction de François Rahier |
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