Le manuscrit de d’Artagnan
Delphine Stephen Valentine Stephen
204 pages CreateSpace Independent Publishing Platform - 2014 - France Roman
Intérêt: 0
En vacances chez leur grand-père, deux cousins
adolescents de notre époque, Lucas et Thomas, découvrent
par hasard un message caché trois siècles plus tôt par
d’Artagnan. Ce message les met sur la piste d’un secret
qu’aurait détenu le mousquetaire. Un secret d’une
importance capitale, qui aurait pu faire basculer la
monarchie. Le deux garçons se lancent sur la piste en
compagnie de leur grand-père historien et de la jeune
assistante de ce dernier.
L’enquête s’avère être un
jeu de piste. Chaque message caché par d’Artagnan
contient une énigme qui indique l’emplacement d’un
nouveau message, et ainsi de suite. Les quatre héros
vont ainsi de lieu historique en lieu historique :
château de Foix, Saint-Jean-de-Luz, Vaux-le-Vicomte,
Versailles…
Leur expédition se trouve sérieusement perturbée par
les manœuvres du descendant des princes de Condé. Rêvant
de monter sur le trône de France (!), celui-ci ne recule
devant aucun moyen pour forcer les quatre enquêteurs à
lui révéler le « secret de d’Artagnan » dont
il est persuadé, à juste titre, qu’il s’agit en fait du
« secret de Louis XIV ». Le connaître lui
donnera, pense-t-il, les moyens de rétablir la monarchie
à son profit.
Le récit de ces aventures contemporaines est entrecoupé
d’épisodes montrant d’Artagnan dans ces mêmes lieux,
alors qu’il s’emploie à empêcher la divulgation du
fameux secret par fidélité à Louis XIV. Un d’Artagnan
qui se veut d’ailleurs inspiré du personnage historique
plutôt que du héros de Dumas.
Le déroulé du récit est simpliste à l’extrême. Les
« énigmes » laissées par d’Artagnan sont
résolues en cinq minutes par les jeunes gens. Et il ne
leur faut pas plus de temps pour trouver les cachettes
des messages successifs, sur qui personne n’est jamais
tombé en plus de trois siècles. Le personnage du
prétendant au trône est grotesque, sans une once de
crédibilité. Le lecteur devine tout de suite que le
secret touche à la légitimité de Louis XIV mais ne peut
croire une seconde que le grand-père historien décide à
la fin de le détruire pour ne pas faire de vagues.
Ce roman fait partie des livres auto publiés comme il
en fleurit désormais grâce à Internet. Il a été écrit
par une fille de douze ans et sa mère : gageons au
moins qu’elles se sont bien amusées.
Extrait du chapitre 5 bis 6 juillet,
Château d’Olignan
- Votre Majesté, nous venons de recevoir un email :
vous êtes invité à un colloque à New York sur le
royalisme en Europe.
- Je te l’ai déjà dit mon cousin, tu dois me
faire la révérence pour me saluer ! répond d’une
voix hautaine le comte d’Olignan.
- Oui Majesté, pardonnez-moi, Majesté.
Raoul fait une révérence maladroite, et manque de
s’étaler aux pieds de son cousin. Le comte d’Olignan
pousse un soupir :
- Mon Dieu, suis-je mal entouré !
- Pardon Majesté… pour l’invitation… que dois-je
répondre ?
- Est-ce bien rémunéré ? demande le comte.
- Oui Majesté, plus que le tarif habituel et les frais
de déplacement sont pris en charge.
- Dans ce cas. .. Répond que je leur fait (sic)
l’honneur d’accepter leur invitation...
Le Comte pousse un nouveau soupir : en être réduit à
donner des conférences à des américains ignares… alors
qu’il devrait être Roi de France !
- Mon ancêtre, le valeureux Prince de Condé doit se
retourner dans sa tombe, de voir la déchéance dans
laquelle je suis tombé !
Raoul regarde autour de lui : le bureau du Comte, qu’il
faut appeler Majesté sous peine de violentes
représailles, est luxueux. Un lustre en cristal éclaire
doucement les moulures dorées et les parquets cirés.
- Pourtant votre château est magnifique, votre Majesté,
ose répondre Raoul.
- Ce n’est qu’un château de province! Je devrais vivre
à Versailles l Au Louvre ! Diriger la France ! Avoir une
armée de serviteurs et de courtisans exauçant mes
moindres désirs ! Au lieu de ça, j’ai… vous… et quelques
autres fidèles… maigre réconfort !
Le comte d’Olignan, bien que très laid, avec son nez en
bec d’oiseau et ses yeux globuleux, dégage une aura
impressionnante. Lors de leur première rencontre dans
leur enfance, Raoul a tout de suite compris que le comte
d’Olignan lui permettait de le servir mais qu’il ne
devait pas s’attendre à recevoir des remerciements en
retour !
Soudain, la porte du bureau s’entrouvre timidement. Un
homme d’une trentaine d’année, lunettes épaisses sur le
nez, approche et salue d’une révérence le Comte
d’Olignan.
- Majesté, nous avons détecté une activité suspecte sur
internet : des recherches sur d’Artagnan et sur un
secret de Louis XIV.
- Encore des écoliers qui font un exposé sur le Masque
de Fer ou les 4 Mousquetaires ! ricane le Comte
d’Olignan.
- Les recherches sont faites sur les sites spécialisés
en Histoire, accessibles seulement aux chercheurs
chevronnés...
- Intéressant... surveillez les recherches, si elles
continuent, lancez la localisation de l’ordinateur d’où
partent ces recherches.
- Bien Majesté, merci Majesté.
Le Comte d’Olignan congédie l’informaticien d’un geste
de la main.
- Encore un espoir qui sera déçu... un jour, je le
sais, je trouverais (re sic) ce secret que
d’Artagnan protégeait ! Je réhabiliterais (re
re sic) le nom du Prince de Condé : non, ce
n’était pas un traitre à sa patrie ! Il aurait dû être
le Roi, au lieu de ce… soi-disant Roi Soleil !
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