Vive d’Artagnan !*
René de Soutter
1 pages Le Pêle-Mêle - 1929 - France Poème
Intérêt: 0
Ce poème a été publié par l’hebdomadaire Le
Pêle-Mêle en date du 3 mars 1929. Il a été écrit par le
chansonnier René de Soutter juste avant sa mort
accidentelle, pour une occasion particulière :
l’annonce qui venait d’être faite d’un projet
d’édification d’une statue de d’Artagnan par la ville
d’Auch.
Il s’agit d’un simple
hommage au héros écrit en vers de mirliton assez
consternants… Notons que lors de l’inauguration de la
statue, intervenue deux ans plus tard, a été écrite une
pièce de théâtre plus intéressante, D’Artagnan
par Emile Roudié.
Merci à Mihai-Bogdan
Ciuca de m'avoir signalé ce texte.
Texte intégral
Ainsi la Gascogne fière
De son loyal mousquetaire
Se redresse toute entière,
Et sonne à tous les échos
La trompe de Jéricho
Comme un clair cocorico !
Oui, nous voulons, dans nos rues,
Qu'on admire et qu'on salue
De d'Artagnan la statue !
Que le marbre de Paros
Consacre l'ami d'Athos
D'Aramis et de Porthos !
Il faut que notre Gascogne,
Heureuse mère Gigogne,
Célèbre ce Quiquengrogne !
Que cet autre Cyrano,
Distributeur de pruneaux
Et bâfreur de jambonneaux,
Connaisse enfin la vraie gloire :
— Lui qui règne dans l'histoire —
Il dominera le square !
Il faut que de nos balcons
Nous admirions ce Gascon
Grand détrousseur de flacons.
Que devant sa longue épée
Qui connut franches lippées
Les gosses soient bouche bée !
Lui — qui donc le referait ? —
Qui jamais ne s'enferrait !...
Hein, cardinal, tes ferrets ?
Ah ! d'Artagnan, homme épique
A l'épopée magnifique,
Comme ton nom est magique !
Et gloire au père Dumas !
Lorsqu'il te ressuscita,
Quel beau jour que ce jour-là !
Tu savais avoir... le geste.
Hélas ! Est-ce qu'il en reste
A notre époque funeste !
Mais tes fils, tu les as vus.
N'étaient-ce pas nos poilus
Comme toi, gais, résolus !
Et blaguant sous la mitraille
Frondeurs parmi la bataille
Tous Gascons... quand on les raille !
Vive d'Artagnan, mousquetaire !
Vive Gascogne, sa mère !!
Vive France qui vénère !!!
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